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Paris Perfume Week change de dimension

  • 1 juin
  • 3 min de lecture

La Paris Perfume Week franchit un cap en 2026 en investissant le Palais Brongniart, confirmant son changement de dimension. Du 9 au 11 avril, l’événement a réuni 11 500 visiteurs, dont 45 % de professionnels, avec 180 exposants, 50 conférences et près de 80 événements hors les murs. Cette troisième édition s’impose comme un rendez-vous structurant pour l’écosystème parfum, à la croisée de la création, de l’innovation et de la diversité culturelle. Parmi les acteurs présents, quelques maisons ont scénarisé leur savoir-faire.




Par

Véronique Louis

 

Cosmo scénarise son ADN

Pour sa première participation, Cosmo International Fragrances a dévoilé « Beyond », une immersion pensée comme un véritable voyage dans l’ADN de la maison. Conçu en plusieurs chapitres, ce parcours expose son histoire, ses engagements et sa vision, mêlant ingrédients naturels d’exception – comme la Myrtle Inca et le Cacao Blanc Craftivity®du Pérou, ou le Patchouli DM d’Indonésie – et innovations technologiques, dont une solution de parfums sans alcool, AquaElixir.

Au cœur du dispositif, les parfumeurs disposent de « cartes blanches » pour exprimer leur créativité, illustrant l’ambition du groupe de conjuguer expression artistique et innovation. L’expérience se prolonge à travers des conférences, abordant aussi bien les nouveaux territoires olfactifs que les enjeux réglementaires et l’évolution des métiers. Avec cette prise de parole, Cosmo affirme un positionnement centré sur l’humain, la transmission et la recherche, dans un contexte où la parfumerie se réinvente entre culture, science et nouvelles attentes du marché.


CPL Aromas dévoile sa palette sensorielle

CPL Aromas valorise sa technologie AromaSpace, une palette exclusive de bases olfactives capturant des senteurs issues de la nature et du quotidien sans en altérer les sources. Les visiteurs ont pu explorer des accords variés, des notes fruitées classiques aux compositions plus audacieuses comme le durian ou le cannabis, illustrant la diversité créative de la maison.

Au-delà de cette expérience immersive, CPL Aromas a participé aux échanges professionnels à travers conférences et Smell Talks, mettant en lumière le rôle croissant de la science et de l’innovation dans la création parfumée. Des initiatives autour de nouvelles matières premières, notamment issues de collaborations internationales, ont souligné les enjeux actuels de durabilité et d’approvisionnement dans l’industrie. Au Bastille Design Centre, CPL Aromas a proposé Contes & Légendes – Cavalcades, une exposition photographique où des images de chevaux étaient traduites en compositions olfactives par les parfumeurs Julien Rasquinet et Elise Pierre. Enrichie par une narration et une performance de piano en direct, l’évènement a offert un véritable parcours multisensoriel, mêlant image, son et parfum. L’exposition s’est ensuite poursuivie à l’Hôtel Drouot pendant toute la durée de la Paris Perfume Week.


Robertet : un manifeste pour le naturel de demain

Le stand de la maison grassoise a marqué les esprits. Loin des présentations institutionnelles classiques, Robertet a choisi de célébrer ses dernières innovations à travers une mise en scène audacieuse, où le « déchet » se transforme en émotion et la senteur en texture. Le visiteur est d'emblée saisi par l'esthétique singulière du lieu, véritable manifeste d'upcycling artistique : les fleurs en mouillettes usagées – des touches à sentir, témoins des recherches en laboratoire, assemblées pour créer des structures organiques, sortes de sculptures de papier murmurant encore les effluves des essais passés ; les céramiques émaillées : en écho à la terre, des pièces aux glaçures vibrantes servent de supports de diffusion, emprisonnant les essences pour mieux les libérer, pour finir par être offertes au visiteur après imprégnation avec le parfum de son choix. Ces installations servent de prétexte artistique pour présenter les matières premières récemment développées par Robertet et leur interprétation par un parfumeur. La maison allie la technicité du sourcing (CleanRscent, CO2) à la poésie de la création. Ainsi, avec Cyprès CleanRscent, Romain Almeirac imagine une escale mystique : Cyprès Saint Honorat ; et, avec Cassisweet, Sidonie Lancesseur explore une gourmandise moderne et sophistiquée dans All-over Pink.


Symrise revisite son héritage comme un langage créatif

À l’occasion des 150 ans de De Laire, le groupe allemand ne se contente pas de célébrer son passé : il le met à l’épreuve du présent. Ses bases historiques ne sont plus abordées comme des références patrimoniales, mais comme des structures actives, capables de dialoguer avec les contraintes et les esthétiques contemporaines. Reformulées, ajustées, parfois détournées, elles révèlent leur étonnante plasticité et leur pertinence dans la parfumerie actuelle. Le dispositif confronte quatre accords fondateurs – Mousse de Saxe, Ambre 83, Prunol, Miel Blanc – à une série de variations contemporaines, parmi lesquelles Ambre 84, Noir Prunol ou encore Mousse de Saxe 18. Plus que de simples déclinaisons, ces compositions mettent en lumière les tensions entre fidélité et transformation : évolution des matières premières, contraintes réglementaires, nouvelles attentes olfactives. Derrière ces réécritures, c’est tout le travail de reformulation qui s’exprime, non comme une contrainte technique, mais comme un véritable levier créatif.

 

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