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Présidentielles : l’oral des candidats sur la beauté

il y a 12 minutes
4 min de lecture

À la manière du Medef, Cosmetic Valley et la Febea ont organisé un grand débat qui a réuni les représentants de sept candidats à l’élection présidentielle de 2027 sur le salon Cosmetic 360. L’objectif était de les interroger sur l'avenir de la filière et de les interpeller sur les enjeux.

 


Par

Sylvie Vaz

 

Grand rendez-vous de la rentrée pour le secteur, Cosmetic 360 a toujours accueilli les personnalités politiques – on se souviendra d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, coupant le tout premier ruban en 2015. L’édition 2026 n’a pas dérogé à la règle le 14 octobre dernier, avec la présence d’Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, et de la Lutte contre les discriminations, pour donner le coup d’envoi. Mais elle a pris un tournant inédit avec un grand débat organisé par Cosmetic Valley et la Febea passant au gril les représentants des principales formations politiques ayant déclaré un candidat à l’élection présidentielle. Le secteur, par la voix de son pôle de compétitivité et de sa fédération, espère se faire entendre en cette année électorale et rappeler qu’il n’est pas seulement question de problématique industrielle, mais également de « soft power et de leadership », selon Marc-Antoine Jamet, président de Cosmetic Valley.

Inspirés par l’évènement mis en place par le Medef fin août, les organisateurs ont convié les mêmes formations politiques : Horizons avec Maël de Calan (président du conseil départemental du Finistère, représentant d’Édouard Philippe), LR avec Julien Chartier (directeur des études des Républicains et responsable du programme de Bruno Retailleau), Renaissance avec Philippe Englebert (secrétaire national chargé de l'attractivité et du commerce extérieur, représentant de Gabriel Attal), LFI avec Hugo Hanry (co-animateur du groupe thématique « planification écologique » de la France Insoumise, représentant de Jean-Luc Mélenchon), Place Publique avec Sacha Houlié, (député de la Vienne, porte-parole de Raphaël Glucksmann), RN avec Kevin Mauvieux (député Rassemblement national de l’Eure, représentant de Marine Le Pen) et Les Écologistes avec Majdouline Sbaï, (députée européenne, représentante de Marine Tondelier).

Après une introduction de l’économiste Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet Bersingéco, sur l’état de la parfumerie-cosmétique en France – pointant déjà ses difficultés, comme le recrutement ou la lourdeur administrative –, les auditions ont pu démarrer. Les questions ont eu trait à trois thématiques : défendre la place de la France dans une compétition mondiale de plus en plus intense ; faire de l'Europe un levier de compétitivité pour le secteur, et enfin produire, investir et innover en France. Chacune était posée par des chefs d’entreprises de tailles variées, afin de refléter la diversité.

 

Des visions contrastées

Selon Emmanuel Guichard, délégué général de la Febea, cet exercice « offre une tribune d’expression et confronte des visions pour l’avenir de la filière ». Sur le modèle du débat du Medef, chaque intervenant a eu l’opportunité d’exposer la vision de son candidat en à peine une minute. La notion de « fierté » est revenue chez plusieurs représentants et tous défendent l’idée que le secteur est important et doit être soutenu. Les partis les plus à droite (RN, Les Républicains) annoncent déjà leur souhait de lever de nombreuses entraves qui empêchent, selon elles, l’industrie de prospérer, d’autres assurent être conscient de la désindustrialisation et de la naïveté commerciale de l’Europe (Place Publique), affirment que la France doit garantir un cadre fiscal et normatif stable (Renaissance) ou être protégée jusqu’au niveau européen (Les Écologistes), le tout en rappelant les enjeux écologiques (LFI).

Chaque représentant a ensuite eu seulement quatre minutes pour répondre aux questions, en commençant par la thématique de l’export et l’épineux sujet des droits de douane américains. Les positions sur la problématique américaine sont unanimes et condamnent la guerre commerciale menée par Trump. Si, pour tous, la France doit affirmer sa voix à l’international, les moyens préconisés vont diverger, entre stratégies souverainistes (LFI, RN), voire régionale (LR), activation du mécanisme européen anti-coercition pour contrer les droits de douane (Place Publique, Les Écologistes) ou encore des accords de libre-échange européens non naïfs et équilibrés (Renaissance, Horizons).

Les deux questions suivantes ont porté sur des thématiques règlementaires, à savoir la directive sur la dépollution des eaux et le règlement européen sur les emballages (PPWR). Sans remettre en cause le principe de pollueur-payeur, tous soutiennent la nécessité de réaliser une nouvelle étude d’impact sur la pollution de l’eau. Ils ont également salué les efforts de l’industrie sur les problématiques de packaging, tout en reconnaissant leur importance. Les représentants ont aussi insisté sur la dimension écologique des programmes de leurs candidats, avec des nuances : un côté pro-business (Renaissance) ou de mix avec la stratégie commerciale (Horizons), ne pas surtransposer les normes européennes en France (LR), ne pas détricoter à tout va les dispositifs environnementaux déjà efficaces (Place Publique), refuser toute interdiction sans solution de substitution (RN), réduire la pollution à la source (LFI) et, enfin, faire plus intervenir les filières dans le travail législatif européen (Les Écologistes).

Sur les problématiques de lenteurs administratives et difficultés de recrutement, les représentants des candidats ont oscillé entre garantir de la stabilité fiscale et règlementaire (Place Publique, Renaissance) ou déréguler (RN, LR). Les mêmes vont plus ou moins loin dans la question de l’allègement, voire la suppression, des impôts de production. La compétitivité de l’industrie ne fait pas débat, avec des investissements (Horizon), mais pas au détriment de l’environnement (Les Écologistes). Enfin, sur l’emploi, tous souscrivent à des refontes de l’enseignement et la revalorisation de la formation professionnelle (LFI). Certains misent plus concrètement sur l’apprentissage (RN), sur les besoins des entreprises, notamment en matière d’intelligence artificielle (Renaissance), et les possibilités d’insertion (LR).

Invités à conclure par un engagement fort auprès de la filière, les représentants des candidats n’ont pu éluder la question des finances publiques, plusieurs assurant pouvoir régler sans pénaliser l'industrie (LR, RN, Horizon). La volonté d’une coopération accrue entre les entreprises et les pouvoirs publics a également été avancée (LFI), jusqu’à faire du chef de l’État le premier commercial de France (Renaissance). Enfin, le rétablissement de la puissance française et européenne, et de la souveraineté française et européenne a été la dernière promesse formulée à la fin de cet évènement (Les Écologistes, Place Publique).

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