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La chimie européenne face à un décrochage critique

  • il y a 4 jours
  • 1 min de lecture

Alors que le marché mondial de la chimie devrait croître de +3,8 % en 2025, tiré quasi exclusivement par la Chine (46 % des parts de marché), l’Europe s’enfonce dans la récession. La production y recule de -2,4 %, tandis que les capacités industrielles ont chuté de -9 % en quatre ans. En France, la situation se dégrade également, avec un chiffre d’affaires en baisse de -1,3 % et un excédent commercial en net recul de -18 %. À ce contexte déjà fragile s’ajoute le choc géopolitique lié aux tensions au Moyen-Orient. La flambée des prix de l’énergie en Europe, contrastant avec leur stabilité en Amérique du Nord et en Russie, creuse un écart de compétitivité majeur. Parallèlement, les perturbations logistiques s’intensifient, avec une hausse des coûts de transport et plus de 100 sites asiatiques en situation de force majeure, faisant peser un risque sur l’approvisionnement en matières premières stratégiques. Dans ce climat d’incertitude, France Chimie renonce à toute projection pour 2026. Malgré ces vents contraires, la filière française conserve des leviers, notamment dans l’innovation (batteries, recyclage, biosourcé), la décarbonation – avec un objectif de réduction des émissions de CO2 de -76 % d’ici 2030 – et l’emploi, avec 24 000 recrutements attendus en 2025. Face à l’urgence, France Chimie appelle à des mesures immédiates articulées autour de quatre priorités : l’extension des mécanismes de compensation carbone, le renforcement des protections commerciales, un soutien massif à l’investissement industriel et la sécurisation des filières stratégiques européennes. Pour son président, Frédéric Gauchet, la survie du secteur conditionne directement la souveraineté industrielle et la transition écologique du continent.

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