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COSMETIC 360 : l'élan régénératif de la filière

il y a 13 heures
5 min de lecture

Placée sous le thème « Régénérations », la douzième édition du grand rendez-vous de la rentrée accompagne l'évolution du secteur vers un modèle dont l’empreinte est résolument positive. Vitrine et laboratoire de l’innovation européenne, l’évènement entend contribuer à l’émergence d’une beauté qui rend davantage qu’elle ne prélève, comme l’explique sa directrice, Franckie Béchereau.



Franckie Béchereau

Directrice générale adjointe

Cosmetic Valley

Directrice

COSMETIC 360








Par

Mathilde Brosseau


Comment la notion de « Régénérations » va-t-elle se traduire concrètement ?

Fil rouge du salon, ce thème – couvrant des aspects environnementaux, sociétaux, et même cutanés – s’impose comme un cap majeur pour l’industrie et très certainement comme une condition sine qua non de sa pérennité. Il traduit un changement de paradigme : celui de générer une action positive au regard de son activité. Une telle ambition suppose non seulement un engagement fort, du temps ainsi que des moyens humainset financiers. La limitation des impacts est aujourd’hui pleinement intégrée par la filière ; l’étape supplémentaire, c’est justement la régénération. Cette année, sur 260 exposants, une cinquantaine s’y rattachent directement. C’est donc une belle part de l’exposition qui revendique un impact positif.


Quelles méthodes d’évaluation distinguent les démarches régénératives ?

Les outils de mesure permettent aux entreprises d’objectiver, de repenser et d’agir. Parmi eux, EcoBeautyScore et Fairglow analysent le cycle de vie de l’ingrédient, tandis qu’Elysia Bioscience développe une méthodologie de notation de la régénération cutanée afin de soutenir les allégations. Dans un autre registre, le spécialiste suisse du pilotage de l’irrigation Weatherbound évalue les besoins des plantes pour leurapporter la juste quantité d’eau, sans stress hydrique ni gaspillage. Une approche qui permet de prélever moins d’eau dans les nappes phréatiques ou les rivières, favorisant ainsi leur renouvellement.


Quels sont les projets à ne pas manquer ?

Intact, dans le Loiret, produit de l’alcool à partir du pois jaune, jusqu’ici peu valorisé. En captant le carbone et en limitant les intrants chimiques, sa production enrichit les sols et les revitalise, illustrant une démarche d’agriculture régénérative. Sur le plan sociétal, les agriculteurs bénéficient d’un prix garanti et de contrats pluriannuels qui les sécurisent face aux aléas.

Le Néerlandais Primegreen B.V. valorise, quant à lui, le palmier Licuri au Brésil. Il extrait de son noyau une huile végétale au toucher silicone-like, tout en laissant la pulpe du fruit à disposition de la faune locale, notamment de l'ara de Lear, une espèce de perroquet bleu menacée.

La start-up française Lemna Labs régénère les sols et minimise les déchets avec SpiroForm, un agent de texture reposant sur la RuBisCO, l’enzyme clé de la photosynthèse. Celle-ci est extraite de biomasse feuillue revalorisée, telle que la lentille d’eau, une plante invasive que l’on retrouve dans les cours d’eau, ainsi que de coproduits agricoles tels que la luzerne ou les fanes de betterave.

Le conditionneur à façon TPC sera également présent. Cette entreprise à mission prône la régénération sociétale et compte dans son effectif 75 % de salariés en situation de handicap, intégrant de manière volontaire et proactive un public qui rencontre des difficultés à accéder au marché de l’emploi. J’aime à dire que Cosmetic 360 est un salon qualitatif sans être élitiste. Chacun, à son échelle, peut améliorer les choses, être créatif, se différencier et apporter de la valeur. 


La capsule « Biotechs 2045 » par Greentech est de retour : quid de ce second opus ?

Présenté sous la forme d’un triptyque déployé sur trois ans, ce travail prospectif mené par Greentech avec différents experts – climatologues, sociologues, ethnologues, consultants en biomimétisme… – permet de susciter une réflexion collective. L’an dernier, le premier volet consistait à comprendre les enjeux et les différents futurs crédibles de la biotech à vingt ans, à travers une arborescence. Cette année, l’objectif est de montrer à quoi ces futurs pourraient concrètement ressembler : nous allons donc projeter les visiteurs dans les six scénarios sélectionnés par vote en 2025, à l'aide de vidéos. En 2027, nous passerons à l’expérimentation de ces scénarios. Si vous avez adoré l’acte 1, je pense que l’acte 2 devrait vous plaire.


Comment COSMETIC 360 affirme-t-il sa singularité ?

En 12 ans, Cosmetic 360 a trouvé sa place avec un positionnement de niche, au sens strict : l’innovation. Complémentaire aux autres salons, l’évènement intervient lorsqu’une entreprise a quelque chose de différenciant à communiquer, en lui prodiguant une visibilité internationale. C’est le rendez-vous des décideurs de la filière qui ont besoin d’anticiper pour créer l’offre de demain.


Qu’est-ce qui distinguera vraiment cette 12e édition ?

Nous continuons de cultiver notre ADN : innovation, internationalisation et filière, tout en étant de plus en plus exigeants par rapport à nos prérogatives. Cette année, nous renouvelons le temps institutionnel en travaillant sur un nouveau prisme de relations publiques, afin de faire valoir les enjeux de notre secteur – tels que la compétitivité à l’export – auprès des politiques. L’an passé, cette démarche avait donné lieu à un véritable dialogue avec Stéphane Séjourné, alors vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la Prospérité et de la Stratégie industrielle. Deuxième contributeur à la balance commerciale, la cosmétique a une ampleur dont ils n’ont pas toujours conscience. De plus, The Value of Beauty, association engagée dans la défense des intérêts de l'industrie au niveau européen, participera pour la première fois en présentiel au salon. Nous célébrerons également la coopération internationale avec les dix ans du Global Cosmetic Cluster, notre réseau de clusters partenaires à travers le monde.


Pourquoi ouvrir une zone consacrée à la nutricosmétique ?

Aujourd’hui, les frontières entre les domaines deviennent de plus en plus poreuses. Bien plus qu’une tendance, la nutricosmétique est une lame de fond, un véritable levier de croissance pouvant apporter un débouché supplémentaire à la cosmétique, et inversement. À travers cette nouvelle zone d’animation, intégrant du contenu prospectif, l’objectif est de sensibiliser les professionnels et d’expliciter les enjeux ainsi que le type d’accompagnement nécessaire pour passer à l’acte. Quatre acteurs à l’expertise complémentaire seront donc présents : Nutrikéo (marketing et communication), Roelmi HPC (ingrédients), Phytéo (formulation) et Pharmanager Development (règlementation).


Comment mesurez-vous le succès du salon ?

Le fait qu'il affiche complet d’une année sur l’autre, qu’il continue à susciter de l’intérêt et à progresser en fréquentation tout en conservant un visitorat de qualité constitue déjà un premier indicateur. Ensuite, il y a lesretours de nos participants. Par exemple, la rencontre entre un expert des devices capillaires et un spécialiste du test acoustique a mené au développement d’une brosse équipée de capteurs sonores. En analysant le son produit par le cheveu, elle permet de définir son état de santé afin de proposer des recommandations personnalisées. Par le passé, un équipementier spécialisé dans les lignes de conditionnement avait rencontré un directeur marketing qui cherchait des machines dotées de pistons suffisamment hauts pour remplir des flacons spécifiques. Il a alors adapté son matériel puis est revenu l’année suivante avec un équipement repensé, qui lui a permis de décrocher de nombreux contrats.

Ces rencontres incarnent ce qui distingue COSMETIC 360. Nous avons un rôle d’intermédiaire : le salon est à la fois une vitrine de l’innovation et un lieu où des décideurs sont capables de coconstruire la beauté de demain.

Enfin, le village start-up ne cesse de croître, alors même qu’une participation représente un investissement de plusieurs milliers d’euros. Au début, ces jeunes pousses n’étaient qu’une vingtaine. Aujourd’hui, nous atteignons 38 participants. Ces entreprises de moins de cinq ans disposent souvent de moyens limités, mais leur présence croissante témoigne d’un véritable engouement : elles ont compris le positionnement et la valeur ajoutée du salon.

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